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Abandon de domicile et prêt immobilier : conséquences et solutions en 2025

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Quitter le domicile familial lors d'une séparation ne met pas fin aux obligations financières liées au prêt immobilier. Pour les pères, cette situation peut devenir un véritable piège : continuer à payer un crédit pour un logement qu'ils n'occupent plus, tout en devant financer un nouveau logement pour accueillir leurs enfants. Cet article présente les droits, les recours et les solutions concrètes pour protéger vos intérêts financiers.

Points essentiels à retenir

  • La solidarité bancaire persiste après le départ : quitter le domicile n'efface pas vos obligations financières envers la banque
  • Chaque co-emprunteur reste responsable de 100% du prêt : la banque peut réclamer l'intégralité des mensualités à l'un ou l'autre
  • L'abandon de domicile peut constituer une faute : dans le cadre du mariage, cela peut impacter le partage des biens
  • Des solutions existent : désolidarisation, rachat de soulte, vente du bien ou accord amiable
  • Vos droits parentaux sont préservés : quitter le domicile ne vous fait pas perdre l'autorité parentale
  • Anticipez et documentez tout : conservez les preuves de paiement pour vos recours futurs

Chaque jour, Papa est le Loup aide des pères à sortir du silence, à se relever et à retrouver leur rôle essentiel.
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Le cadre juridique : ce que dit la loi

Définition de l'abandon de domicile

L'abandon de domicile désigne le départ volontaire et sans motif légitime d'un conjoint ou partenaire du logement familial. Dans le cadre du mariage, cette situation peut être qualifiée de faute selon l'article 242 du Code civil, notamment lorsqu'elle intervient sans l'accord de l'autre conjoint.

Conseil pour les pères

Si vous devez quitter le domicile conjugal, ne partez jamais sans traces écrites. Envoyez un courrier recommandé à votre conjoint expliquant les raisons de votre départ, ou faites constater la situation par un commissaire de justice. Cela peut éviter qu'on vous reproche un « abandon de domicile fautif » lors du divorce.

Pour les couples non mariés (concubins ou pacsés), l'abandon de domicile n'entraîne pas les mêmes répercussions juridiques en matière de faute. Toutefois, les conséquences financières liées au prêt immobilier restent identiques quel que soit le statut du couple.

Glossaire juridique

Co-emprunteur
Personne qui souscrit un prêt conjointement avec une autre, engageant sa responsabilité solidaire pour 100% de la dette
Solidarité bancaire
Obligation pour chaque co-emprunteur de rembourser l'intégralité du prêt, même si l'autre ne paie pas sa part (articles 1310 à 1319 du Code civil)
JAF (Juge aux Affaires Familiales)
Magistrat compétent pour statuer sur les conséquences patrimoniales de la séparation, la garde des enfants et la pension alimentaire
Désolidarisation
Procédure permettant à un co-emprunteur de se libérer de son obligation de remboursement avec l'accord de la banque
Rachat de soulte
Opération par laquelle un co-propriétaire rachète la part de l'autre pour devenir seul propriétaire du bien
Ordonnance de non-conciliation
Décision du juge organisant les mesures provisoires pendant la procédure de divorce (logement, pension, garde)

Le principe de solidarité des co-emprunteurs

Lorsqu'un prêt immobilier est souscrit par deux personnes, chacune devient solidairement responsable du remboursement intégral de la dette. Cette solidarité, prévue par le contrat de prêt et les articles 1310 à 1319 du Code civil, signifie que la banque peut exiger le paiement total des mensualités auprès de l'un ou l'autre des emprunteurs, indépendamment de tout accord privé entre eux.

Règle fondamentale à ne jamais oublier

Même si vous aviez prévu entre vous de partager les mensualités 50/50, chaque co-emprunteur est juridiquement tenu au paiement de l'intégralité de la dette. Cette règle s'applique aux couples mariés, pacsés ou en concubinage. L'abandon de domicile ne modifie en rien cette obligation légale.

Différences selon le statut matrimonial

Statut Solidarité du prêt Faute possible Partage du bien Procédure de séparation
Mariage Oui, totale Oui (article 242 Code civil) Selon régime matrimonial Divorce par JAF (avocat obligatoire)
PACS Oui, totale Non Selon acte d'acquisition Dissolution au greffe ou notaire
Concubinage Oui, totale Non Selon indivision (généralement 50/50) Accord amiable ou tribunal judiciaire

Conséquences financières immédiates pour le père qui part

Maintien des obligations de remboursement

Le départ du domicile ne supprime aucune obligation financière. Les deux co-emprunteurs restent tenus de rembourser le prêt selon les termes du contrat initial. Si l'un cesse de payer sa part, l'autre devra assumer seul les mensualités pour éviter un incident de paiement.

Conseil pour les pères : la double charge financière

En quittant le domicile, vous risquez de vous retrouver avec une double charge : continuer à payer votre part du crédit immobilier tout en assumant le loyer d'un nouveau logement. Anticipez ce coût dans votre budget et négociez rapidement une solution définitive (désolidarisation, vente ou rachat de soulte).

Impact sur le score de crédit

Tout retard ou défaut de paiement sur le prêt immobilier est enregistré au fichier bancaire et impacte négativement la réputation financière des deux co-emprunteurs. Les conséquences peuvent être graves :

  • Difficultés pour obtenir un nouveau prêt immobilier (pour vous reloger)
  • Taux d'intérêt plus élevés sur les crédits futurs
  • Refus de cartes bancaires ou de crédits à la consommation
  • Inscription au Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) pendant 5 ans

Attention : la banque cible le plus solvable

En cas de défaut de paiement, la banque privilégie généralement le co-emprunteur le plus solvable pour réclamer le paiement. Si vous avez des revenus stables et que votre ex-conjointe ne travaille pas, c'est vers vous que la banque se tournera en priorité pour exiger le remboursement intégral.

Risques de poursuites bancaires

Si les mensualités ne sont plus honorées, la banque peut engager plusieurs actions :

  • Mise en demeure des co-emprunteurs par courrier recommandé
  • Déchéance du terme : exigence du remboursement anticipé de la totalité du capital restant dû
  • Saisie du bien immobilier pour récupérer les sommes dues
  • Inscription au FICP rendant impossible l'accès au crédit pendant 5 ans

Vos droits en tant que père : ce que le départ ne change pas

Rappel essentiel : vos droits parentaux sont intacts

Quitter le domicile conjugal ne vous fait pas perdre vos droits de père. L'autorité parentale reste conjointe (article 372 du Code civil), et vous conservez les mêmes droits que la mère concernant l'éducation, la santé et les décisions importantes pour vos enfants. Seule une décision du JAF peut modifier cette situation.

Ce que vous conservez malgré le départ

  • L'autorité parentale conjointe : vous devez être consulté pour toute décision importante (école, santé, religion)
  • Le droit de visite et d'hébergement : en l'absence de jugement, les deux parents ont les mêmes droits sur les enfants
  • Le droit à l'information : vous pouvez demander les bulletins scolaires, les dossiers médicaux, etc.
  • Le droit de saisir le JAF : vous pouvez demander une résidence alternée ou un droit de visite élargi

Protéger vos droits dès le départ

Les 5 réflexes à avoir immédiatement

  1. Documentez votre départ : courrier recommandé expliquant les raisons, constat d'huissier si nécessaire
  2. Maintenez le contact avec vos enfants : appels, messages, visites régulières documentées
  3. Conservez les preuves de paiement : relevés bancaires montrant vos versements pour le crédit
  4. Informez la banque : courrier recommandé signalant la séparation
  5. Consultez un avocat spécialisé : pour protéger vos droits avant que la situation ne se dégrade

Solutions pratiques pour gérer le prêt immobilier

Option 1 : La désolidarisation du prêt

La désolidarisation permet à l'un des co-emprunteurs de se libérer de son obligation de remboursement. Cette procédure transfère la totalité du crédit sur un seul emprunteur, généralement celui qui conserve le bien.

Conditions requises :
  • Accord de la banque (obligatoire et non garanti)
  • Capacité financière suffisante du repreneur (revenus stables)
  • Taux d'endettement compatible (généralement inférieur à 35%)
  • Garanties suffisantes (caution d'un organisme, hypothèque)
Coûts à prévoir :
  • Frais de dossier bancaire : 300 à 1 000 €
  • Frais de notaire (modification acte de propriété) : 7,5% de la valeur de la part rachetée
  • Nouvelle assurance emprunteur : variable selon le profil

Attention : la banque peut refuser

La banque n'est pas obligée d'accepter une désolidarisation. Elle analyse la solvabilité du repreneur comme pour un nouveau prêt. Si elle refuse, vous restez solidaire du crédit. Explorez les recours ci-dessous en cas de refus.

Recours en cas de refus de désolidarisation par la banque

1. Négociation renforcée

Présentez un dossier solide : justificatifs de revenus, garanties supplémentaires (caution d'un proche solvable, hypothèque sur le bien). Proposez une renégociation du prêt (allongement de la durée, baisse des mensualités).

2. Médiation bancaire

Saisissez le médiateur bancaire de votre établissement. Ce service gratuit peut intervenir pour trouver une solution amiable. Ses décisions ne sont pas contraignantes mais sont généralement suivies par les banques.

3. Rachat de crédit par une autre banque

Faites racheter le prêt par un autre établissement bancaire au nom du seul conjoint qui conserve le bien. Un courtier en prêt immobilier peut vous aider à trouver la meilleure offre.

4. Caution d'un tiers

Proposez la caution d'un tiers (parent, proche) en remplacement de la vôtre. La banque analysera la solvabilité de ce tiers avant d'accepter.

Option 2 : Le rachat de soulte

Le rachat de soulte consiste pour l'un des ex-conjoints à racheter la part de propriété de l'autre. Cette solution permet de devenir seul propriétaire du bien.

Étapes du rachat de soulte :
  1. Évaluation du bien immobilier par un expert (agent immobilier ou notaire)
  2. Calcul de la soulte : (valeur du bien – capital restant dû) ÷ 2
  3. Financement de la soulte (économies ou nouveau prêt)
  4. Signature de l'acte notarié de cession de parts
  5. Désolidarisation du prêt ou nouveau crédit

Exemple chiffré de rachat de soulte

  • Valeur du bien : 300 000 €
  • Capital restant dû : 180 000 €
  • Calcul : (300 000 – 180 000) ÷ 2
Soulte à verser : 60 000 €

Le conjoint qui rachète devra trouver 60 000 € et prouver sa capacité à assumer seul les 180 000 € restants du prêt.

Option 3 : La vente du bien immobilier

Lorsque ni la désolidarisation ni le rachat de soulte ne sont possibles, la vente reste la solution la plus simple pour solder le prêt et repartir sur des bases saines.

Avantages
  • Remboursement intégral du prêt
  • Fin définitive de la solidarité bancaire
  • Partage équitable du surplus
  • Liberté financière retrouvée
Inconvénients
  • Marché défavorable = possible décote
  • Si vente < capital dû, dette subsiste
  • Frais d'agence et de notaire
  • Délai de 4 à 8 mois en moyenne

Option 4 : L'accord amiable provisoire

En attendant une solution définitive, formalisez par écrit la répartition temporaire des mensualités. Attention : cet accord n'a aucune valeur vis-à-vis de la banque.

Points à inclure dans l'accord écrit :
  • Répartition précise des mensualités (50/50 ou autre)
  • Durée de l'accord (jusqu'à la vente, le divorce, etc.)
  • Modalités de versement (virement direct ou paiement à la banque)
  • Clause de révision en cas de changement de situation
  • Engagement de remboursement de la part non payée

Modèles de lettres utiles

Modèle 1 : Lettre d'information à la banque (séparation)

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal et ville]

[Nom de la banque]
[Adresse de l'agence]
[Code postal et ville]

Objet : Information sur notre situation conjugale – Prêt immobilier n° [numéro du prêt]
Lettre recommandée avec accusé de réception

[Ville], le [date]

Madame, Monsieur,

Je me permets de vous informer que mon conjoint(e), [Nom du conjoint], et moi-même avons entamé une procédure de séparation/divorce depuis le [date].

Nous avons contracté ensemble le prêt immobilier référencé ci-dessus, d'un montant initial de [montant] €, en date du [date de signature], pour l'acquisition du bien situé au [adresse du bien].

Je souhaite vous informer de cette situation afin que vous puissiez nous indiquer les options possibles pour la gestion de ce prêt (désolidarisation, rachat, maintien des conditions actuelles).

Je reste à votre disposition pour un rendez-vous afin d'examiner notre dossier et trouver la solution la plus adaptée à notre situation.

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Modèle 2 : Demande de désolidarisation du prêt immobilier

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse actuelle]
[Code postal et ville]

[Nom de la banque]
[Adresse de l'agence]
[Code postal et ville]

Objet : Demande de désolidarisation – Prêt immobilier n° [numéro du prêt]
Lettre recommandée avec accusé de réception

[Ville], le [date]

Madame, Monsieur,

Nous avons souscrit conjointement le prêt immobilier référencé ci-dessus, d'un montant de [montant initial] €, en date du [date de signature], auprès de votre établissement.

Dans le cadre de notre procédure de [divorce / séparation / rupture de PACS], engagée depuis le [date], nous avons convenu d'un commun accord que [Madame/Monsieur Nom du conjoint] conservera la propriété du bien immobilier situé au [adresse du bien].

En conséquence, [il/elle] assumera seul(e) le remboursement des échéances du prêt en cours jusqu'à son terme prévu le [date de fin du prêt].

Nous vous demandons de bien vouloir accepter ma désolidarisation de ce prêt afin que je ne sois plus tenu(e) à mon engagement solidaire, tel que prévu par le contrat de prêt initial.

Vous trouverez ci-joint les documents suivants :
- Copie du jugement de divorce / convention de séparation
- Justificatifs de revenus de [Nom du conjoint repreneur]
- Attestation sur l'honneur de notre accord mutuel

Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Signature des deux co-emprunteurs]

Procédures et recours en cas de non-paiement par l'autre parent

Si votre ex-conjointe refuse de payer sa part

Le conjoint resté dans le logement qui assume seul les mensualités dispose de plusieurs recours. Mais attention : vous devez continuer à payer pour éviter un incident bancaire qui vous pénaliserait aussi.

1. Saisine du Juge aux Affaires Familiales (JAF)

Le JAF peut être saisi pour obtenir une décision sur la répartition des charges pendant la procédure de séparation. Le juge prend en compte les revenus respectifs, l'occupation du logement, les circonstances de la séparation et les besoins de chacun.

Formulaire : Cerfa n° 11530 – Demande au juge aux affaires familiales
Coût : Gratuit (saisine sans avocat possible pour les non-mariés)

2. Action en contribution aux charges du mariage (article 214 Code civil)

Pour les couples mariés uniquement. Le conjoint qui paie seul peut demander au juge de condamner l'autre à participer aux charges du ménage, incluant le remboursement du prêt immobilier.

3. Action en remboursement après la séparation

Une fois le divorce ou la séparation prononcés, engagez une action en remboursement pour récupérer la part payée par vous seul.

Délais de prescription :

  • Pour les concubins : 5 ans à compter de chaque paiement
  • Pour les époux : jusqu'au jugement définitif de divorce

Conseil crucial : documentez tout

Conservez absolument tous les justificatifs de vos paiements : relevés bancaires, virements, échéanciers. Ces preuves seront indispensables pour récupérer les sommes avancées lors du partage définitif ou d'une action en remboursement.

L'ordonnance de non-conciliation : ce qu'elle change (et ne change pas)

Idée reçue à combattre

Contrairement à ce que beaucoup pensent, l'ordonnance de non-conciliation ne vous dispense pas automatiquement de payer votre part du prêt. Le fait de quitter le domicile conjugal en application de l'ordonnance ne suffit pas à vous exonérer du règlement des échéances d'emprunt.

Le juge peut néanmoins décider d'attribuer la jouissance du logement à l'un des conjoints et fixer une contribution aux charges incluant le remboursement du prêt. Cette décision reste provisoire jusqu'au jugement définitif de divorce.

Étapes concrètes à suivre : chronologie recommandée

1

Documenter votre départ (Jour 1)

Envoyez un courrier recommandé à votre conjoint expliquant les raisons de votre départ. Faites éventuellement constater la situation par un commissaire de justice. Cela protège contre l'accusation d'abandon de domicile fautif.

2

Informer la banque (Semaine 1)

Envoyez une lettre recommandée à votre banque pour signaler la séparation. Demandez un rendez-vous pour connaître les options disponibles (désolidarisation, refinancement). Obtenez un interlocuteur dédié pour le suivi du dossier.

3

Consulter un avocat spécialisé (Semaines 2-3)

Un avocat en droit de la famille vous aidera à comprendre vos droits (parentaux et patrimoniaux), préparer la stratégie judiciaire, négocier avec l'ex-conjoint et anticiper les coûts de chaque solution. Vérifiez votre éligibilité à l'aide juridictionnelle.

4

Faire évaluer le bien immobilier (Semaines 3-4)

Demandez une estimation par un professionnel (agent immobilier ou notaire) pour connaître la valeur actuelle du bien, le montant de la soulte en cas de rachat et le prix de vente réaliste si nécessaire.

5

Négocier avec l'ex-conjoint (Mois 1-2)

Tentez une médiation familiale pour trouver un accord sur le devenir du bien, la répartition provisoire des mensualités et le calendrier des démarches. Un accord amiable évite les frais et délais d'une procédure judiciaire.

6

Saisir le JAF si nécessaire (Mois 2-3)

En cas de désaccord, saisissez le Juge aux Affaires Familiales pour faire fixer la contribution aux charges, la garde des enfants et l'attribution provisoire du logement. Formulaire Cerfa n° 11530.

7

Lancer la procédure choisie (Mois 2-4)

Selon la solution retenue : déposez un dossier de désolidarisation à la banque, signez une promesse de rachat de soulte devant notaire, ou mandatez une agence pour la vente du bien.

8

Finaliser la transaction (Mois 4-8)

Signature de l'acte authentique chez le notaire, remboursement du prêt (total ou partiel), radiation des inscriptions hypothécaires et clôture du dossier bancaire. Conservez tous les documents.

Délais moyens selon la solution choisie

1 à 6 mois Désolidarisation (si acceptée par la banque)
3 à 6 mois Rachat de soulte
4 à 8 mois Vente du bien
6 à 12 mois Divorce par consentement mutuel
18 à 36 mois Divorce contentieux

Statistiques et données chiffrées 2025

Chiffres clés des séparations avec bien immobilier

  • Environ 130 000 divorces par an en France
  • 70% impliquent un bien immobilier acheté en commun
  • 45% des couples choisissent la vente du bien
  • 30% optent pour le rachat de soulte
  • 15% maintiennent l'indivision temporairement
  • 10% seulement obtiennent une désolidarisation bancaire

Coûts moyens d'une séparation avec prêt immobilier

  • Frais d'avocat : 1 500 à 3 000 € par conjoint
  • Frais de notaire (rachat de soulte) : 7,5% de la valeur de la part
  • Frais bancaires (désolidarisation) : 300 à 1 000 €
  • Pénalités de remboursement anticipé : 3% du capital ou 6 mois d'intérêts
  • Commissaire de justice (constat) : 200 à 400 €

FAQ : questions fréquentes des pères

Si je quitte le domicile, dois-je continuer à payer le prêt ?

Oui, absolument. Le départ du domicile conjugal ne supprime en aucun cas votre obligation de rembourser le prêt immobilier contracté à deux. Vous restez co-emprunteur et solidairement responsable du crédit à 100%.

La banque peut se retourner contre vous à tout moment pour exiger le paiement des mensualités, même si vous n'habitez plus dans le logement. Seule une désolidarisation officielle validée par la banque peut vous libérer de cette obligation.

Mon ex refuse de payer sa part du crédit, que faire ?

Vous devez continuer à payer les mensualités pour éviter un incident bancaire qui impacterait aussi votre score de crédit. Ensuite :

  1. Envoyez une mise en demeure par lettre recommandée à votre ex
  2. Si échec, saisissez le Juge aux Affaires Familiales (formulaire Cerfa 11530)
  3. Conservez tous les justificatifs de vos paiements (relevés bancaires)

Ces preuves vous permettront de demander le remboursement de la part avancée lors du jugement final ou d'une action ultérieure (prescription : 5 ans pour les concubins).

La banque peut-elle refuser la désolidarisation ?

Oui, la désolidarisation nécessite impérativement l'accord de la banque. Celle-ci analyse la capacité financière du co-emprunteur restant. Si elle estime le risque trop élevé (revenus insuffisants, taux d'endettement > 35%), elle peut refuser.

Recours possibles en cas de refus :

  • Proposer des garanties supplémentaires (caution d'un tiers, hypothèque)
  • Saisir le médiateur bancaire (gratuit)
  • Faire racheter le prêt par une autre banque
  • Envisager la vente du bien
L'abandon de domicile me fait-il perdre mes droits de père ?

Non, absolument pas. Quitter le domicile conjugal ne vous fait pas perdre vos droits parentaux. L'autorité parentale reste conjointe (article 372 du Code civil), et vous conservez :

  • Le droit de voir et d'héberger vos enfants
  • Le droit d'être consulté pour les décisions importantes
  • Le droit de saisir le JAF pour organiser la garde

Seule une décision du JAF peut modifier l'exercice de l'autorité parentale, et uniquement dans l'intérêt de l'enfant.

Puis-je être considéré comme fautif si je quitte le domicile ?

Dans le cadre d'un mariage, l'abandon du domicile sans motif légitime peut être retenu comme une faute (article 242 Code civil). Cette faute peut impacter le partage des biens ou l'attribution de dommages-intérêts.

Exceptions : le départ n'est pas fautif s'il est justifié par des violences conjugales, autorisé par le JAF, ou fait d'un commun accord.

Pour les couples pacsés ou en concubinage, la notion de faute ne s'applique pas au départ du domicile.

Conseil : documentez toujours votre départ par courrier recommandé.

L'ordonnance de non-conciliation me dispense-t-elle de payer le prêt ?

Non. Contrairement à une idée très répandue, quitter le domicile en application de l'ordonnance de non-conciliation ne vous exonère pas automatiquement du paiement des échéances d'emprunt.

Le juge peut décider d'attribuer la jouissance du logement à votre ex et fixer une contribution aux charges. Mais sans décision explicite sur le prêt, vous restez solidairement tenu de le rembourser.

Que se passe-t-il si la vente du bien ne couvre pas le crédit ?

Si le prix de vente est inférieur au capital restant dû, la dette subsiste. Les deux co-emprunteurs restent solidairement responsables du remboursement du solde.

Vous devrez continuer à rembourser mensuellement la différence ou négocier un rééchelonnement avec la banque. C'est pourquoi il est crucial de bien évaluer le bien avant de décider d'une vente, surtout en période de baisse des prix.

L'assurance emprunteur couvre-t-elle les mensualités en cas de séparation ?

Non. L'assurance emprunteur ne prend pas en charge les mensualités en cas de séparation ou divorce. Elle couvre uniquement : décès, perte totale d'autonomie, incapacité temporaire de travail, invalidité, et parfois la perte d'emploi.

La séparation n'est pas un sinistre couvert. C'est pourquoi il est essentiel d'anticiper cette situation dès le début de la procédure.

Comment prouver que j'ai payé seul les mensualités ?

Conservez systématiquement :

  • Les relevés bancaires montrant les prélèvements
  • Les échéanciers envoyés par la banque
  • Les courriers recommandés envoyés à votre ex pour réclamer sa part
  • Un tableau récapitulatif des sommes versées avec dates

Ces preuves seront indispensables pour votre action en remboursement devant le JAF ou le tribunal judiciaire.

Puis-je obtenir l'aide juridictionnelle pour mon divorce ?

L'aide juridictionnelle permet la prise en charge totale ou partielle des frais d'avocat par l'État. Elle est accordée selon vos ressources :

  • Aide totale : revenus mensuels < 1 158 € (personne seule)
  • Aide partielle : revenus entre 1 158 € et 1 737 €

Renseignez-vous auprès du tribunal judiciaire ou d'un avocat. Le formulaire Cerfa n° 15626 est disponible en ligne.

Ressources utiles

Sites officiels et formulaires

  • Service-Public.fr : Autorité parentale en cas de séparation
  • Formulaire Cerfa 11530 : Demande au JAF (autorité parentale, pension alimentaire)
  • Formulaire Cerfa 15626 : Demande d'aide juridictionnelle
  • Legifrance.gouv.fr : Textes de loi (Code civil articles 242, 372, 1310-1319)

L'association Papa est le Loup accompagne les pères dans leurs démarches depuis plusieurs années.
Ne restez pas seul face à ces difficultés. Rejoignez notre communauté de pères solidaires.

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Note importante : Les informations présentées dans cet article ont une vocation informative et ne remplacent pas l'avis personnalisé d'un avocat ou d'un conseiller financier. Chaque situation étant unique, consultez un professionnel pour obtenir des conseils adaptés à votre cas particulier. L'association Papa est le Loup peut vous orienter vers des professionnels de confiance.

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